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Province de Luxembourg (BE)2 min de lecture

Les rapaces au-dessus de la Semois : septembre dans les ailes

Fin septembre, le ciel gaumais se remplit de silhouettes en vol. Buses, milans et bondrées empruntent les courants d'air au-dessus des méandres de la Semois. Un spectacle discret, à portée de nuque.

Les rapaces au-dessus de la Semois : septembre dans les ailes

Le ciel se vide, le ciel se remplit

Vers le vingt-cinq septembre, une habitude se prend dans les villages accrochés aux coteaux de la Gaume. On s'arrête dans la cour, on plisse les yeux vers le sud-ouest, on compte. Pas les poules, pas les vaches. Les ailes. Les buses variables dessinent leurs premiers cercles au-dessus des toits d'ardoise, et le milan noir, queue de fourche parfaitement découpée, traverse en glissant sans un battement.

C'est la migration post-nuptiale. Les rapaces qui ont niché en Europe du Nord et en Allemagne redescendent vers le sud de la France et la péninsule ibérique. La Gaume, pointe la plus méridionale de la Belgique, se retrouve sur leur trajet. Pas un corridor massif comme ceux des Pyrénées ou du Bosphore, non. Plutôt un flot continu, parfois épars, que le promeneur distrait rate complètement.

La Semois, couloir de vent et de thermiques

La rivière serpente en lacets serrés entre les hêtraies et les falaises de schiste. Ce tracé capricieux crée des vallons orientés de toutes parts, et surtout des courants ascendants. L'air chauffé par les versants sud s'élève en colonnes invisibles. Les rapaces en profitent. Ils ne battent pas des ailes pour gagner de l'altitude ; ils se laissent porter, en larges volutes, puis filent d'un versant à l'autre, presque sans effort.

À Bouillon, à Vresse, à hauteur de La Forge, on voit des buse variable suivre le méandre pendant plusieurs centaines de mètres avant de s'élever au-dessus de la crête. Le faucon crécerelle, plus modeste, reste perché sur un poteau de clôture, à l'affût des campagnols de l'herbe rase. La bondrée apivore, plus rare, arrive tard, souvent en début d'octobre, un milan à la silhouette de grand voilier.

Ouvrir les yeux, lever la nuque

Il ne faut pas grand-chose pour voir. Un champ ouvert, un muret de pierre, une prairie en pente au-dessus du bois. S'asseoir. Attendre vingt minutes sans parler. Regarder non pas un point fixe mais le ciel entier, du zénith à la ligne des crêtes. La buse variable se repère à son abdomen blanc marqué d'un large croissant brun, à ses ailes qui semblent deux fois trop longues pour le corps.

Le milan, lui, se reconnaît à sa queue fourchue et à sa couleur de rouille. En vol, il se balance d'un bord sur l'autre comme un funambule. Ce sont des oiseaux qui mesurent leur énergie au gramme de vent disponible, et ils lisent le ciel gaumais mieux qu'aucun carte topographique.

Finir le mois de septembre en Gaume, c'est aussi accepter que l'été ne s'est pas terminé par un coup de tonnerre. Il s'est dissipé, lentement, dans le silence d'une aile qui ne bat plus. On n'entend rien. On voit tout.

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Six maisons de caractère, jacuzzi, jardin clos, à quelques minutes des sites évoqués.

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